Le nom de l’embarcation sur l’image, "L’Abîme", illustre parfaitement ce compagnonnage avec la mort et la résilience du pêcheur, seul face aux éléments et à la bureaucratie mondiale.
Ma vision est sous-tendue par la Pêche et les pêcheurs, d’où qu’ils viennent !
Par respect, car c’est le plus dangereux métier du monde : La FAO estimait le nombre de disparitions à 24.000 dans les années 2000… aujourd’hui, des statistiques revues par PEW et la Fish SatetyFoundation, estiment que le nombre réel pourrait dépasser les 100.000 par an.
Pourquoi cette progression ?
En fait, il s’agissait souvent d’un manque de données… dans de nombreux pays en voie de développement, les accidents de pêche artisanale ne sont jamais répertoriés.
Cette absence de registres pour la pêche artisanale, crée une "mort silencieuse".
Puis, on note – et c’est tant mieux - Assimilation progressive de la Pêche Illégale (IUU) : Les navires opérant hors cadre légal ignorent toutes les normes de sécurité et ne déclarent jamais leurs pertes humaines.
Par « simple » lien humain ensuite…j’ai souvent travaillé avec des pêcheurs et je me suis toujours senti à l’aise avec eux… peut-être est-ce le fait de côtoyer l’abime chaque jour, qui les rend aptes à la communication ?
Nouvel Aspect législatif, plutôt positif :
Il est important de souligner que l’Accord du Cap de 2012 (CTA) n’est plus seulement une promesse lointaine : il vient de franchir un cap historique.
Grâce à la ratification de l’Argentine en février 2026, les conditions de seuil (22 États possédant au moins 3 600 navires de 24 mètres) ont enfin été atteintes.
En conséquence, l’Accord entrera officiellement en vigueur en février 2027.
Jusqu’à présent, la sécurité des pêcheurs était le parent pauvre de la réglementation maritime mondiale.
L’Accord du Cap vient compléter l’édifice législatif international aux côtés de trois autres conventions déjà en vigueur :
- SOLAS (OMI) : Sécurité des navires de commerce (dont les navires de pêche étaient exclus).
- STCW-F (OMI) : Formation du personnel des navires de pêche.
- C188 (OIT) : Conditions de travail et protection sociale à bord.
- PSMA (FAO) : Mesures de l’État du port contre la pêche illégale.
L’entrée en vigueur en 2027 change la donne pour une transparence espérée :
- Droit d’inspection universel : Une fois en vigueur, un État signataire pourra inspecter n’importe quel navire entrant dans son port pour vérifier sa conformité aux normes de sécurité, même si le navire bat le pavillon d’un pays n’ayant pas ratifié l’accord.
- Lien Sécurité-Légalité : Les navires qui ne respectent pas les normes de sécurité sont souvent ceux qui pratiquent la pêche illégale. En imposant des standards techniques stricts, on rend l’exploitation de "navires-poubelles" économiquement non viable, forçant les opérateurs de l’ombre à sortir de l’invisibilité ou à cesser leurs activités.
Lourd bémol cependant : Le défi des 24 mètres : L’accord cible les navires de 24 mètres et plus. Or, une immense partie de la mortalité évoquée, les 100 000 disparus, concerne la petite pêche artisanale, qui reste encore hors du champ d’application de ce traité mondial.
